Quelle contraception choisir ?
Dr Khaled Sidhom — Santé féminine — mis à jour le 2026-09-01
Le choix d'une contraception dépend de quatre éléments : vos antécédents médicaux (migraine avec aura, thrombose, hypertension, tabac après 35 ans contre-indiquent les œstrogènes), votre projet de grossesse à court ou moyen terme, votre tolérance à une contrainte quotidienne, et vos préférences quant aux effets sur les règles. Les méthodes de longue durée — stérilet au cuivre, stérilet hormonal, implant — sont les plus efficaces en usage réel, car elles ne dépendent d'aucun geste quotidien. Elles sont accessibles aux femmes n'ayant jamais eu d'enfant, contrairement à une idée encore répandue.
Efficacité théorique et efficacité réelle
Toutes les méthodes hormonales sont efficaces à plus de 99 % lorsqu'elles sont parfaitement utilisées. L'écart apparaît en usage réel, quand on tient compte des oublis et des erreurs.
- Implant, stérilet hormonal, stérilet au cuivre : plus de 99 % d'efficacité en usage réel — aucun geste quotidien, donc aucun oubli possible.
- Pilule, patch, anneau : environ 91 % en usage réel, contre plus de 99 % en usage parfait. L'écart est presque entièrement dû aux oublis.
- Préservatif masculin : environ 85 % en usage réel. C'est la seule méthode qui protège aussi des infections sexuellement transmissibles.
- Méthodes naturelles fondées sur l'observation des cycles : 75 à 88 % selon la méthode et la rigueur du suivi.
Les principales options
Chaque méthode a un profil d'effets propre, notamment sur les règles — un critère souvent décisif dans le choix.
- Pilule œstroprogestative : régularise et allège les règles, améliore l'acné et les règles douloureuses. Contre-indiquée en cas d'antécédent thromboembolique, de migraine avec aura, d'hypertension non contrôlée, ou de tabagisme après 35 ans.
- Pilule progestative seule : compatible avec l'allaitement et avec la plupart des contre-indications aux œstrogènes. Exige une prise à horaire régulier ; peut entraîner des saignements irréguliers.
- Stérilet au cuivre : sans hormone, efficace 5 à 10 ans, utilisable en contraception d'urgence dans les 5 jours. Tend à rendre les règles plus abondantes et plus douloureuses.
- Stérilet hormonal : efficace 5 à 8 ans, diminue fortement le volume des règles voire les supprime. Indiqué aussi en cas de règles hémorragiques ou d'adénomyose.
- Implant sous-cutané : posé sous la peau du bras pour 3 ans, très efficace, indépendant de toute observance. Effet imprévisible sur les règles, qui peuvent devenir irrégulières ou disparaître.
- Patch et anneau vaginal : même principe que la pilule combinée, avec un rythme hebdomadaire ou mensuel plutôt que quotidien.
Les situations particulières
Après un accouchement, la contraception se choisit selon l'allaitement et le risque thromboembolique du post-partum. Les progestatifs seuls et le stérilet sont compatibles avec l'allaitement ; les œstrogènes sont différés d'au moins six semaines.
En période de préménopause, la contraception reste nécessaire tant que les cycles ne sont pas définitivement arrêtés depuis douze mois. Le stérilet hormonal est souvent adapté, car il traite en même temps les règles abondantes fréquentes à cette période.
En cas de migraine avec aura, d'antécédent de phlébite ou d'embolie pulmonaire, de thrombophilie connue, de lupus, de maladie hépatique évolutive ou d'antécédent de cancer du sein, les œstrogènes sont contre-indiqués et l'orientation se fait vers un progestatif seul, un stérilet ou une méthode non hormonale.
En cas d'oubli ou d'accident
La contraception d'urgence hormonale se prend le plus tôt possible, jusqu'à 72 heures pour le lévonorgestrel et jusqu'à 120 heures pour l'ulipristal acétate. Son efficacité décroît fortement avec le délai : le même comprimé est nettement plus efficace pris à la douzième heure qu'à la soixantième.
La pose d'un stérilet au cuivre dans les cinq jours est la méthode de rattrapage la plus efficace, et elle assure du même coup une contraception durable. Un test de grossesse est à réaliser trois semaines après tout rapport à risque, quelle que soit la méthode de rattrapage utilisée.
Questions fréquentes
Le stérilet est-il possible sans avoir eu d'enfant ?
Oui. Les recommandations actuelles autorisent la pose de stérilet chez les femmes nullipares, avec des dispositifs de format adapté. L'idée contraire est ancienne et n'est plus valide.
La pilule fait-elle grossir ?
Les études contrôlées ne montrent pas de prise de poids significative attribuable aux pilules actuelles. Une rétention d'eau transitoire est possible les premiers mois. Une prise de poids persistante justifie d'en parler plutôt que d'arrêter sans avis.
Faut-il faire des pauses dans la contraception hormonale ?
Non. Les « fenêtres thérapeutiques » n'apportent aucun bénéfice démontré et exposent à une grossesse non désirée. La contraception se poursuit tant qu'elle est bien tolérée et qu'aucune contre-indication n'apparaît.
La pose d'un stérilet est-elle douloureuse ?
Elle provoque des crampes intenses mais brèves, de l'ordre d'une à deux minutes. Un antalgique pris avant, et parfois un antispasmodique, réduisent nettement l'inconfort. La pose se fait de préférence pendant ou juste après les règles.
Interventions liées
À lire également
- Comment se passe une première consultation gynécologique ?
- Ménopause : quels symptômes et quels traitements ?
Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas une consultation médicale. Chaque situation est particulière : seul un examen clinique permet d'établir un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée.